Pour l’OMS, la cigarette électronique est une «grave menace»; il faut lutter contre elle comme contre le tabac

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     Les industriels de la e-cigarette utilisent les mêmes codes marketing que les industriels de la cigarette 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) veut alerter les autorités sanitaires nationales et les populations des dangers de la cigarette électronique. Sa croisade contre le tabagisme passe dorénavant par des interdictions frappant la e-cigarette. Elle réclame une régulation franche des e-cigarettes, un bannissement des lieux publics, et une interdiction de leur publicité et de leur vente aux mineurs. Cet avertissement de l’OMS intervient alors que, la plupart des pays, dont le France, se sont montrés incapables de mettre en place une législation protégeant leur population.

Il existe selon l’OMS 466 marques de cigarettes électroniques qui se partagent un juteux marché de 3 milliards de dollars. Leur utilisation a considérablement augmenté ces dernières années en parallèle à un accroissement de leurs publicités, jamais régulées. Entrainés par ce mouvement de plus en plus de mineurs utilisent la e cigarettes, deux fois plus en 2012 qu’en 2008 accuse l’OMS.

A l’inverse de ce que titrait le 29 mai 2014 le journal le Parisien « Tabac : l’OMS devrait encourager la cigarette électronique », l’Organisation mondiale de la santé recommande dans un document publié aujourd’hui, le mardi 26 août 2014, d’interdire totalement la vente de cigarettes électroniques aux mineurs, comme cela existe pour le tabac, car comme ce dernier, leur utilisation pose de « graves menaces » aux jeunes consommateurs.

Leur utilisation doit également être restreinte et une interdiction entre mise en place dans les lieux publics ajoute l’OMS. Leur utilisation doit également être déconseillée aux femmes enceintes du fait de la toxicité fœtale des composants utilisés.

En effet, contrairement à ce que la propagande mise en place par les fabriquant osait prétendre, la fumée des cigarettes électroniques n’est pas de la simple vapeur d’eau, souligne l’OMS (cf. article Docbuzz). En particulier les substances retrouvées sont susceptibles d’altérer le développement cérébral rendant nécessaire que soit mis en garde « enfants, adolescents, femmes enceintes et femmes en âge de procréer contre l’utilisation d’inhalateurs électroniques de nicotine parce que l’exposition du fœtus et de l’adolescent à cette substance a des conséquences à long terme sur le développement du cerveau ».

Par ailleurs, « Contrairement à ce que laissent entendre certaines entreprises qui commercialisent des cigarettes électroniques dans leurs publicités, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne considère pas ces cigarettes comme une thérapie légitime permettant d’aider les fumeurs à cesser de fumer » écrivait déjà l’organisation internationale en 2008. Aucune étude sérieuse n’est venue contredire cette prise de position depuis.

Si effectivement les e-cigarettes sont utilisées par certains en remplacement de la cigarette, l’OMS reconnait que l’intoxication pourrait être moindre, bien que les études manques pour le prouver : « L’exposition réduite à des substances toxiques que permet l’utilisation d’inhalateurs électroniques de nicotine (…) en remplacement complet des cigarettes a des chances d’être moins toxique pour le fumeur que les cigarettes classiques”.

Cette mise en garde est importante au moment où une étude américaine démontre que l’utilisation de la cigarette électronique augmente chez les mineurs initialement non-fumeurs, créant non seulement un risque sanitaire mais une porte d’entrée potentielle vers le tabagisme. C’est une étude du CDC d’Atlanta qui confirme que la e-cigarette est bien une porte d’entrée vers le tabac. Les cigarettes avancent toujours camouflés! L’étude démontre que 250 000 adolescents américains qui n’avaient jamais fumé ont utilisé une cigarette électronique, soit un chiffre trois fois plus important qu’en 2011. Parmi eux, 44% déclarent souhaiter commencer à fumer de vraies cigarettes (contre 20% des jeunes interrogés et n’ayant jamais utilisé de e-cigarette). Ainsi la e-cigarette, ayant réussi à se parer d’un linge d’innocuité tente les jeunes et entraine deux fois plus d’entre eux vers le tabac, une véritable catastrophe sanitaire à venir et un bras d’honneur à toutes les régulations anti-tabac lentement mise en place. L’étude est publiée dans la revue Nicotine and Tobacco Research.

D’ailleurs les industriels du tabac ne s’y sont pas trompés : Imperial Tobacco Altria Group, Philip Morris International, et British American Tobacco ont lancé une ou plusieurs marques de e-cigarettes, une nouvelle démonstration de l’absolue nécessité d’une réglementation drastique qui ne devrait pas laisser plus d’opportunité à la e-cigarette qu’au tabac. Afin de convaincre les américains et les européens de fumer, des arguments santé avaient été très largement utilisés par les industriels de la cigarette tout comme c’est le cas maintenant pour la e-cigarette (cf galerie).

Dans un rapport publié en début de semaine, l’American Heart Association, la principale association de cardiologues américains, estime que la e-cigarette est un produit assimilable au tabac et doit être légalement considérée et donc régulée comme telle, avec toutes ses contraintes et régulations. Un dossier pour le prochain ministre de la santé….

Stanford University a comparé les anciennes publicités pour le tabac et les récentes pour les e-cigarettes, enfumant!

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Sources

WHO urges stiff regulatory curbs on e-cigarettes Stephanie Nebehay Reuters GENEVA Tue Aug 26, 2014 6:56am EDT

Electronic cigarettes (e-cigarettes) or electronic nicotine delivery systems OMS Statement revised on 3 June 2014

Les cigarettes électroniques n’ont pas d’effets thérapeutiques démontrés OMS Communiqué de presse 19 SEPTEMBRE 2008 | GENÈVE

E-cigarettes may be tempting non-smoking youths to smoke:CDC study
Reuters 25 aout 2014

Perception of e-cigarettes’ harm and its correlation with use among US adolescents Stephen M. Amrock & al Nicotine and Tobacco Research First published online: August 14, 2014

Intentions to smoke cigarettes among never-smoking U.S. middle and high school electronic cigarette users, National Youth Tobacco Survey, 2011-2013 Rebecca E. Bunnell & al Nicotine and Tobacoo Research First published online: August 20, 2014

Crédit Photo Stanford School of medicine

2 thoughts on “Pour l’OMS, la cigarette électronique est une «grave menace»; il faut lutter contre elle comme contre le tabac

  1. Comme ledit le tabacologue français Molimard, mettre la cigarette electronique et la cigarette électronique sur le même plan serait “criminel.” Premièrement, parce que leur différence de toxicité va de 1 à 1000. Et deuxièmement, parce la cigarette electronique représente un formidable potentiel en terme de lutte contre le tabagisme et contre les risques de cancer. La cigarette électronique ne produit pas de goudron et de monoxyde de carbone (sources de la plupart des cancers du poumons) et ne contient pas les 4000 additifs du tabac cancérigènes, irritants ou qui favorise la dépendance au tabac et à la nicotine (ou les trois à la fois).

  2. Le “potentiel en terme de lutte contre le tabagisme” de la e-cigarette est équivalent au potentiel du communisme d’assurer la liberté individuelle…PLus sérieusement ce potentiel “sanitaire” non seulement n’existe aucunement mais nous allons publier une étude qui démontre exactement l’inverse. Les industriels du tabac sont dorénavant les principaux acteurs de la e-cigarette et si on ne les arrête pas, elle sera plus fumée que le tabac en 2020 (étude US). La propagande de la e-cigarette est dévoilée! A l’aune d’une interdiction plus sévère du tabac, ne laissons pas de nouveaux toxiques défier notre santé, notre assurance maladie n’a pas besoin de ça.
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