Manger Bio réduit l’exposition aux pesticides

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Manger des fruits et légumes est recommandé mais expose à l’ingestion par le consommateur d’une quantité inconnue de pesticides, que les fruits et légumes soient lavés ou non. Pour éviter les pesticides, nombreux sont ceux qui préfèrent consommer des légumes issus de l’agriculture biologique. Mais est-ce réellement efficace? 

Une nouvelle étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives est une des premières à avoir comparer, à consommation identique de fruits et légumes, la contamination par les pesticides de deux groupes de participants volontaires.

Les 4500 participants vivaient dans 6 villes américaines. Leur exposition aux pesticides organophosphorés, l’une des familles de pesticides la plus commune (malathion, parathion, diazinon, fenthion, dichlorvos, chlorpyriphos, éthion…) a été évalué. Les organophosphorés sont de puissants agents neurotoxiques qui agissent en inhibant l’action de l’acétylcholinestérase dans les cellules nerveuses. Leur absorption au-delà d’une certaine dose conduit à la mort, et à faible dose, des troubles neurologiques, du développement, de l’attention ou du comportement peuvent être induits chez l’enfant exposé. A faible dose, des effets délétères sur le développement du cerveau du fœtus, des nourrissons et des enfants ont été également documentés. L’absorption se ferait en premier lieu par la consommation de fruits et légumes issus de l’agriculture industrielle. En âge préscolaire, des différences neurocomportementales significatives sont observées entre enfants d’agriculteurs ou d’ouvriers agricoles et enfants de non-agriculteurs (résultats et réflexes moins bons aux tests psychomoteurs.

L’étude a analysé les informations compilées sur l’alimentation de tous les participants, en particulier sur leur consommation de fruits et légumes, issus de l’agriculture biologique ou de l’agriculture industrielle. Ainsi, connaissant les niveaux de résidus de pesticides sur les aliments issus des deux types d’agriculture, les chercheurs ont réussi à prédire l’exposition de chaque participant aux pesticides organosphosphorés. Ils ont ensuite comparé ces prédictions aux niveaux de pesticides mesurés dans des échantillons d’urine d’un sous-groupe de 720 de ces personnes.

Cette approche a également pour intérêt, en combinant l’information autodéclarée de la consommation alimentaire avec les mesures de pesticides réalisées par les organismes agricoles, d’être dorénavant en mesure de mener des études sur la relation entre l’exposition aux pesticides et les conséquences sanitaires sur de grandes populations, sans avoir besoin de mesurer les métabolites urinaires.

“Si nous pouvons prédire l’exposition aux pesticides en utilisant des données de questionnaires alimentaires, alors nous pouvons être en mesure de comprendre les effets potentiels sur la santé de l’exposition alimentaire aux pesticides sans avoir à recueillir des échantillons biologiques des gens”, déclarait la première auteur de l’étude, Cynthia L. Curl, “Cela va accélèrer la recherche sur les bienfaits de l’alimentation biologique qui deviendra à la fois moins coûteuse et moins invasive.”

Les résultats de l’étude montrent que, pour une consommation similaire de fruits et légumes, ceux qui déclarent manger des produits bio ont une exposition aux pesticides organophosphorés significativement inférieure à ceux consommant des produits cultivés industriellement. Par ailleurs une consommation plus importante des fruits et légumes connus pour recevoir plus de pesticides (liste ci-dessous), comme les pommes, les nectarines ou les pêches, était associée à des niveaux significativement plus élevés de pesticides organophosphorés.

Il y a donc une bonne raison à préférer les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique, encore plus si ces aliments sont destinés à une femme enceinte ou a des enfants.

Pour les scientifiques, la prochaine étape est d’utiliser ces prédictions d’exposition au pesticides pour examiner la relation entre l’exposition alimentaire aux pesticides et les conséquences sur la santé, par exemple pour qui concerne les pesticides organosphosphorés, les effets neurologiques et cognitifs.

Les 12 aliments les plus contaminés par les  pesticides : Pêches, Pommes, Poivrons, Céleris, Nectarines, Fraises, Cerises, Poires, Raisins, Epinards, Salades, Pommes de terre

1z aliments les moins contaminés par les  pesticides : Oignions, Avocats, Mais, Ananas, Mangue, Asperges, Petits poids, Kiwi, Bananes, Choux, Broccolis, Papayes

Source

Pesticide Exposure from Dietary Intake and Organic Food Choices: The Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA Estimating)
Cynthia L. Curl, Shirley A. A. Beresford, Richard A. Fenske, Annette L. Fitzpatrick, Chensheng Lu, Jennifer A. Nettleton, Joel D. Kaufman.. Environmental Health Perspectives, 2015;

Crédit Photo Creative Commons by the_chronicle

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