Pour quelles raisons certaines femmes pratiquent-elles le sexe anal?

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La littérature scientifique tend à montrer que les pratiques  sexuelles anales sont de plus en plus intégrées et fréquentes dans la vie sexuelle des couples hétérosexuels. Une meilleure connaissance de cette sexualité apparait nécessaire pour adapter les efforts de prévention et d’information sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) ; les rapports anaux facilitent la transmission du VIH et 86% des femmes VIH ont été contaminées au cours de rapports hétérosexuels. Jusqu’alors les études se sont focalisées sur des population à risque retrouvant effectivement des rapports anaux plus fréquents chez les femmes fréquentant des hommes récemment sortis de prison ou chez des femmes consommatrices de drogue, le plus souvent au cours de sexe transactionnel. Il était donc intéressant d’essayer de comprendre les raisons de cette extension anale de la sexualité des couples hétérosexuels en interrogeant un panel de femmes et en leur demandant pourquoi elle pratiquaient le sexe anal avec leur partenaire?

32 femmes américaines, 31% d’origine caucasienne, 41% d’origine africaine américaine, et 28% d’origine latine américaine, âgées en moyenne de 37 ans, ont participé au groupe de discussion. Elles ont été recrutées dans une clinique publique mettant en place des programme de détection du HIV et des MST. Ils ne s’agit donc pas d’une population représentative de la population générale.

Il y a avait six raisons pour lesquelles elle s’engageaient dans une sexualité anale : Parce qu’elles étaient sous l’influence d’une drogue ou de l’alcool, parce qu’elles le désiraient, pour faire plaisir à leur partenaire, pour éviter un rapport vaginal (au cours des règles), au cours d’un échange contre de l’argent ou de la drogue pour du sexe, ou lors d’un rapport anal non désiré.

Etre sous l’influence d’une drogue ou de l’alcool était la réponse de 62% des femmes expliquant que la substance illégale pouvait augmenter leur propre désir, ou leur faisaient faire ce qu’elles ne font pas d’habitude en levant leurs inhibitions. 53% indiquent aussi avoir eu des rapports anaux parce qu’elles n’avaient pas osé le refuser à leur partenaire. 49% indiquent s’engager parfois dans ces rapports anaux du fait de leur propre désir  ; « Je le voulais, je voulais essayer. On l’a fait pour nous montrer notre amour pour l’autre et je voulais faire plus. Je le voulais. Je voulais qu’on le fasse ensemble ». Dans d’autres cas, les femmes décrivent aimer le sexe anal mais uniquement avec les personnes en qui elles ont confiance : « Quand vous vous sentez proche d’une personne, quand vous êtes avec elle depuis longtemps que vous vous sentez bien ensemble… c’est le sommet de l’intimité. Le vaginal, c’est juste comme ça… ».

Une des autres raisons avancée par certaines femmes était l’échange sexe contre de argent ou sexe contre drogue, reflétant la particularité d’un partie de la population de l’étude. Parfois le rapport anal est survenu pour faire plaisir au partenaire « je veux être le type de femme qui satisfait son homme dans tous les sens…quelque soient ses désirs ». Sept femmes décrivent des rapports survenus sans leur accord explicite, un viol : « les deux premières fois ou j’ai eu un rapport sexuel j’ai été violée et j’ai été sodomisée ». enfin si aucune ne déclare avoir de relation anal pour éviter les relations vaginales dans un but de contrôle des naissances, trois évoquent la survenue de ces rapport lorsqu’elles ont leur règles.

Invitées à s’exprimer sur le caractère risqué du rapport anal, environ la moitié le considère comme tel principalement pour deux raisons, l’absence de protection du fait de  l’absence du préservatif ou de l’utilisation d’un lubrifiant fragilisant le préservatif, ou en raison de l’histoire sexuelle du partenaire masculin en particulier si elles savent qu’il a été en prison et qu’il a eu des rapports sexuels avec d’autres hommes. Inversement d’autres ne se sentent pas du tout à risque car elles ont confiance en leur partenaire « Parfois on ne pense pas à ça quand on est dans le truc et on n’y fait pas attention à ce que l’on fait »…

Quelles sensations, émotions physiques et émotionelles, retirent ces femmes de leurs relations sexuelles anales?  Un tiers des femmes décrivent du plaisir, «Personnellement, j’aime ça, je veux l’action ultime et il me l’offre». Cependant lorqu’on leur demande quel type de rapport sexuel a leur préférence, entre anal et vaginal, pratiquement toute penchent pour le vaginal. 22% mettent en avant l’importance de l’expérience masculine, la nécessité de bien lubrifier et qu’il soit doux pour que le plaisir soit au rendez-vous. Etre relaxé et prendre son temps pour qu’elles soient bien stimulées sont d’autres critères qu’elles mettent en avant.

A l’inverse, 47% évoquent plus le malaise et la douleur ressenties, racontant encore des effets secondaires sous forme de saignements. Le malaise psychologique a pu s’associer à cela, une des femme évoquant une sensation d’humiliation : « Ils ne savent pas ce qu’ils font, ils veulent juste le faire….ils poussent en vous durement au lieu d’y aller doucement…ils ne pensent qu’à eux et à ce qu’ils veulent, sans réaliser que cela va nous faire plus de mal qu’à eux ».

La population utilisée dans ce panel est évidemment spécifique mais certain traits qui ressortent des échanges avec ces 32 jeunes femmes s’accordent avec d’autres résultats d’études précédentes. L’idée que la relation sexuelle anale se fait uniquement avec certain partenaires sélectionnés, voire des partenaires exclusifs et qu’elle peut représenter pour la femme un cadeau fait à son partenaire avait déjà été identifiée. L’étude montre également que certaines femmes refusent totalement tout type de relation anale, alors que d’autres les subissent sans oser s’y opposer.

Ces résultats ne peuvent pas être considérés comme représentant l’avis général puisque le panel était restreint et issu d’un milieu américain défavorisé, toutefois ethniquement représentatif. D’autres études restent nécessaires pour mieux comprendre et interpréter l’irruption de cette extension de la sexualité, si cela est avéré, au sein des couples hétérosexuels.

Source

Why Women Engage in Anal Intercourse: Results from a Qualitative Study
GraceL.Reynolds• DennisG.Fisher,  BridgetRogala
Arch Sex Behav DOI 10.1007/s10508-014-0367-2

One thought on “Pour quelles raisons certaines femmes pratiquent-elles le sexe anal?

  1. j’ai commencé mes premières approches sexuelles avec mon clitoris et mon petit trou. Avec les hommes mes premiers rapports ont été la sodomie, désirant rester vierge un peu plus longtemps.
    C’est peut-être pour ça? Mon corps a appris le plaisir anal, avant la pénétration vaginale.
    A moins de faire l’amour avec un homme avec un très gros pénis, je n’ai pas d’orgasme vaginal. Par contre en anal les orgasmes sont garantis.
    Le seul problème est que le corps n’est pas aussi disponible en anal, comme il l’est en vaginal!

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