Mort subite : Les gares SNCF, un danger pour la santé publique

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Une étude menée à Paris et ayant analysé les lieux publics dans lesquels se déroulent principalement les morts subites, identifie les gares SNCF comme les lieux les plus à risque. En cause le stress des voyageurs causé par ce service public, cumulant promiscuité, retards, grèves, bruit et mal-être ou des foules immenses en mouvement se brassent quotidiennement.

20% des décès au sein des pays industrialisés, dont fait encore partie la France, sont causés par des morts subites, c’est à dire des décès brutaux, inattendus, chez des personnes allant à priori bien. La mort subite est causée par une conjonction d’éléments qui entraine une anomalie du rythme cardiaque (fibrillation ventriculaire) puis un arrêt du coeur. Une défibrillation électrique suffirait alors dans environ 30 à 50% des cas à refaire partir le coeur. Un traitement simple mais très rarement mis en oeuvre.

L’étude retrospective a été menée sur 10 ans par une équipe de l’INSERM. Sur les 8234 arrêts cardiaques analysés, 70% ont eu lieu dans des lieux privés et 30% dans des lieux publics. Se sont dans ces lieux publics que les tentatives de resuscitations sont les plus courantes, probablement du fait de l’installation en de nombreux endroits de défibrillateurs. En fait les scientifiques identifient les gares SNCF comme les lieux les plus à risque ; ainsi 12% des morts subites ont lieu sur 0.75%  de la surface de Paris, au sein des gares, et les mouvement de population n’expliquent pas ce sur-risque. Ainsi l’aéroport Charles de Gaulle où le brassage de voyageurs est bien plus important, enregistre bien moins de morts subites. Les gares, et la manière dont sont gérés les transports ferroviaires et les infrastructures sont source d’un stress parfois mortel.

Face à cette recrudescence de morts subites dans les lieux publics et en particulier les gares, la SNCF avait déjà, en 2009, communiqué sur un plan de déploiement de défibrillateurs. Elle promettait alors d’implanter 150 défibrillateurs dans les gares où se déversent des millions de passagers chaque années mais aussi 250 autres au sein des sièges sociaux de la SNCF ou travaillent quelques centaines d’agents lorsqu’ils ne sont pas en grève, une logique épidémiologique à laquelle personne n’a rien trouvé à redire à l’époque. En 2012, la SNCF s’engageait encore à déployer d’ici juin 2013, 1500 défibrillateurs dont un tiers réservés aux bâtiments de service des agents SNCF. La encore, l’objectif n’a jamais été atteint. La parole publique s’émousse donc.

Portant l’étude et ses auteurs sont très clairs. Elle démontre que la mise à disposition de défibrillateurs au sein des gares est le  moyen permettant de sauver  un maximum de personnes faisant un arrêt cardiaque. Pour cela il faut des défibrillateurs installés au sein des lieux publics et prévoir des formations adaptées de l’ensemble de la population. La mort subite tue 40 000 personnes par an, autant que la pollution atmosphérique, ce qui pourrait expliquer pourquoi le ministère de la santé ne s’implique toujours pas.

Un jour, vous pourriez sauver une vie, prenez quelques instants pour apprendre à vous servir d’un défibrillateur et repérer leurs emplacements lors de vos déplacements :

Source

Population Movement and sudden cardiac arrest location
Eloi Marijon, Wulfran Bougouin, Muriel Tafflet, Nicole Karam, Daniel Jost, Lionel Lamhaut, Frankie Beganton, Patricia Pelloux, Hervé Degrange, Guillaume Beal, Jean-Pierre Tourtier, Albert Alain Hagege, Jean-Yves Le Heuzey, Michel Desnos, Florence Dumas, Christian Spaulding, David S. Celermajer, Alain Cariou2, Xavier Jouven
CIRCULATIONAHA.114.010498

 Crédit Photo Creative Common by  jean-louis zimmermann

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