Comment améliorer la santé de votre enfant en seulement 10 jours? Arrêtez les «sucres ajoutés» IMMEDIATEMENT!

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Les enfants qui ont un problème de surpoids et réduisent simplement leur consommation d’aliments comprenant des «sucres ajoutés», améliorent en seulement 10 jours leur pression artérielle, leur cholestérol et tous les autres marqueurs biologiques. Ces bénéfices apparaissent sans même avoir eu besoin de réduire l’apport calorique journalier. Cette étude confirme donc le rôle des “sucres ajoutés” dans la génèse des maladies métaboliques retrouvées de plus en plus précocement chez l’enfant. Elle montre la nécessité de repenser les apports caloriques des enfants en ayant conscience que ce n’est pas forcement la quantité de calories ingérée quotidiennement qui seule compte, mais bien comment sont répartis ces apports en glucides, lipides et protéines, en ayant conscience que parmi chacun de ces nutriments, tous ne s’équivalent pas (cf. index glycémique) ; une calorie ce n’est pas simplement qu’une calorie. L’ étude était financée par le NIH et publiée dans la revue Obesity.

Aujourd’hui de plus en plus de nos enfants sont obèses, hypertendus, ont trop de cholestérol, trop de triglycérides, souffrent d’une nouvelle pathologie hépatique, la NASH ou stéatose hépatique, et d’autres sont même diabétiques. Ces pathologies qui touchaient principalement des adultes et plus souvent des hommes dans leur cinquième décennie, frappe aujourd’hui avant même 10 ans, des enfants obèses ou en surpoids mais pas uniquement. Dans certain pays d’Asie, nombreux sont les jeunes diabétiques exempt de toute surcharge pondérale et de toute obésité, suggérant que la quantité de l’apport calorique n’est pas ici en cause.

Alors, comment peut-on expliquer ce tsunami de pathologies métaboliques terrassant les hommes, les enfants et les budgets nationaux de santé? Des études épidémiologiques ont retrouvé un lien entre consommation de “sucres ajoutés” comme le saccharose ou le sirop de maïs et le syndrome métabolique, une pathologie qui associe les maladies cardiovasculaires au diabète et à la stéatose hépatique. Il faillait encore démontrer le facteur causal.

Les glucides, les sucres, en particulier ceux ajoutés par l’industrie alimentaire dans nombre des préparations, sont souvent invisibles aux yeux des consommateurs, comme par exemple le fructose, le saccharose ou le sirop de maïs. Ils sont suspectés d’avoir une responsabilité essentielle dans l’explosion des désordres métaboliques qui handicapent plus de 30% de la population. Pour confirmer cette hypothèse, l’équipe du Dr Robert H. Lustig a sélectionné des enfants obèses qui consommaient plus de 15% de leurs apports caloriques quotidiens en sucres ajoutés dont au moins 5% en fructose. Ils pouvaient souffrir, en plus d’obésité, d’hypertension artérielle, d’anomalies métaboliques ; augmentation de la glycémie (glycémie à jeune ou HbA1c), augmentation du cholestérol, des triglycérides, hyperinsulinémie, augmentation des enzymes hépatiques, etc

Le régime alimentaire de chacun a été évalué tant en terme de nombre de calories que de répartition lipides, glucides, protéines. De nouveaux menus étaient construits pour réduire les sucres ajoutés et substituer les sucres présents dans les fruits, les céréales, le pain, ou les pates afin que la quantité de calories totales absorbée reste constante mais les sucres ajoutés réduits à 10% et le fructose à 4% des calories totales. Le bilan calorique et la répartition des nutriments pris au cours des 9 jours de l’étude étaient suivis de près. Au total le régime alimentaire avait abaissé la consommation des sucres de 4% et augmenté la consommation des protéines de 2%, sans modifier le nombre total de calories ingérées. Parmi  les sucres consommés,  les « sucres ajoutés » ont été réduits de 27% à 10%,  et le fructose de 11,7% à 3,8% des calories journalières. Les fibres ont été augmentées.

Au bout de seulement 9 jours d’une réduction des aliments contenant des “sucres ajoutés”, les effets bénéfiques sont étonnants, sans que pratiquement les enfants ne perdent de poids. Est retrouvée une baisse de la pression artérielle diastolique de -4,9 mmHg, de la glycémie à jeun (-0,3 mM), de l’insulinémie (-53%), et du pic insulinémique (-56%). Sur le bilan lipidique, on constate une chute des triglycérides (-46%) du LDL cholestérol (-0,3 mM) et du HDL cholestérol (-0,1 mM), suggérant une augmentation de la lipolyse et de l’oxydation des acides gras ; les cellules adipocytaires déstockent les graisses qu’elles contiennent. Les marqueurs biologiques d’une altération du foie étaient significativement réduits.

Cette étude confirme que toutes les calories ne se valent pas et qu’en particulier les calories provenant des «sucres ajoutés» contribuent à la genèse des troubles métaboliques pouvant aboutir par exemple à un diabète ou à une stéatose hépatique.

Elle confirme l’intérêt que les consommateurs soient informés de la présence de « sucres ajoutés » dans un aliment et de la quantité de ces “sucres ajoutés” par un logo distinctif. Ceci serait propre a faire rejeter l’achat de l’aliment, une mesure de santé publique à laquelle l’industrie alimentaire s’oppose toujours avec succès aujourd’hui. Les sucres se cachent sous une multitude de dénomination sur les étiquettes alimentaires : glucides, sucre (c’est du saccharose pur), saccharose, sirop de glucose (c’est de amidon de blé ou de maïs riche en glucose et en maltose), sirop de glucose-fructose (sirop de glucose dont la moitié au moins du glucose a été remplacée par du fructose), miel, polyols (maltitol, sorbitol), lactose, maltose, galactose fructose, maltodextrine…

Les premiers aliments dont la consommation peut être limitée sont évidemment les « céréales » du petit déjeuner, les sodas et boissons dites énergétiques, les sauces riches en sucres ajoutés (ketchup), les plats cuisinés enrichis en sucres, les patisseries, les bonbons, etc… Au lieu du jus de fruit, toujours très sucré même sans sucre ajouté, préférez manger un fruit. 

Source

Isocaloric fructose restriction and metabolic improvement in children with obesity and metabolic syndrome
Robert H. Lustig1,*, Kathleen Mulligan2,3, Susan M. Noworolski4, Viva W. Tai2, Michael J. Wen2, Ayca Erkin-Cakmak1, Alejandro Gugliucci3 andJean-Marc Schwarz
Obesity, Article first published online: 26 OCT 2015

Crédit Photo Creative Commons by Vox Efx

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