“Manger de tout avec modération”, un très mauvais message de prévention

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Pour aller mieux, pour prévenir l’obésité et le diabète, pour éloigner le risque de cancers, “Manger de tout avec modération” ; Combien de fois avez-vous entendu cette rengaine? Censée être compréhensible par tous et teintée de bonne sens, cette recommandation n’est, selon une étude américaine publiée dans la revue PLOS One, absolument pas une garantie d’équilibre alimentaire ni meilleure santé, au contraire!

“Manger de tout avec modération” est depuis longtemps un message classique de recommandation de santé publique, bien que cette diversité autorisée n’ait jamais été clairement définie ni évaluée scientifiquement en terme d’impact sanitaire. Par exemple, personne ne sait si cette affirmation permet de réduire la consommation de nourritures défavorables à la santé tels que les céréales transformées, le riz blanc, la charcuterie, les acides gras trans, le sel, ni si elle permet de réduire les maladies chroniques.

Pour évaluer l’impact de la diversité alimentaire répondant au slogan “Manger de tout mais avec modération” sur la santé, des scientifiques ont recruté plus de 5000 personnes sans aucune maladie cardiovasculaire et d’ethnies variées, âgés entre 45 et 84 ans (âge moyen 61 ans), un âge auquel on devient plus sensible à un alimentation plus saine. Leur alimentation a été décortiquée en terme de variété et de quantité et de régularité de consommation, des test biologiques ont été menés, puis les participants ont été suivis pendant plusieurs années. Tous les facteurs autres que l’alimentation pouvant influencer les résultats ont été pris en compte.

Après 5 années de suivi, la diversité alimentaire était significativement associée avec une augmentation du tour de taille, autrement dit, ceux qui avaient le plus “mangé de tout” avaient grossi.

Après 10 ans de suivi, près de 600 des participants étaient devenus diabétiques et la diversité alimentaire ne réduisait pas ce risque au sein d’aucune ethnie étudiée.

Ni la régularité de consommation, ni la quantité de nourriture jugée saine ou non au sein de cette diversité, ne modifiait les résultats. Pour les auteurs, cela suggère qu’une grande diversité alimentaire telle que l’on peut le comprendre par “manger de tout avec modération” entraine des apports trop importants de nourriture saine ou non : le bénéfice potentiel d’une alimentation comprenant des fruits et des légumes est donc totalement annulé par les effets défavorable de acides gras trans, du sel, des amidons, des sucres raffinés et autres composés néfastes à la santé compris dans une autre partie de l’alimentation. Par ailleurs les scientifiques retrouvent que plus l’alimentation des participants est effectivement diversifiée, plus la quantité de nourritures jugée malsaine est accrue au détriment d’aliments jugés sains, ce qui peut expliquer que “manger de tout avec modération” s’associe finalement à une prise de poids  et ne réduit pas le risque de maladie métabolique comme le diabète de type 2.

Pour améliorer sa santé grace à son alimentation, il ne faut donc surtout pas “manger de tout avec modération” mais favoriser une alimentation saine et de qualité, oubliant la diversité en limitant très fortement l’ensemble des nourritures néfastes à la santé comme les céréales transformées, les produits transformés sucrés, les sodas, la charcuterie, etc.

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Crédit Photo Créative Commons by  pallavi_damera

4 thoughts on ““Manger de tout avec modération”, un très mauvais message de prévention

  1. Article et étude de militants obsédés du bien manger !
    La reco “tout+peu” est faite pour les gens DIFFÉRENTS de vous, ceux qui n’ont pas envie ou pas les moyens de se prendre le chou à décortiquer en permanence leur environnement, ceux qui ont envie de profiter de la vie et de leur temps pour faire des choses plus passionnantes. Ceux qui n’ont pas envie de vivre dans la paranoïa. Ceux qui ont des soucis plus graves que les vôtres, etc.
    Pour ceux la, la reco “tout+peu” est déjà une forme de réduction des risques, elle est donc efficace.
    Enfin, je souligne que votre étude n’explore pas le paramètre “peu”.
    Bisous

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