Pourquoi le régime va devenir personnalisé?

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Le Gouvernement Fédéral Américain publie tous les 5 ans de nouvelles recommandations alimentaires tenant compte des avancées scientifiques. Ses nouvelles recommendations publiées il y a quelques jours mettent en avant deux nécessités, réduire la consommation de sucres et la consommation de viandes. Rien de tel n’existe en France ou en Europe. Nous avons bien des recommendations alimentaires succinctes qui ont été éditées dans le cadre des PNNS avec la collaborations du ministère de la santé mais elles sont corrompues et dépassées, sans aucune remise à jour prévue alors que la science de la nutrition continue de progresser.

Si les grandes règles de la nutrition comme réduire sa consommation de sucres pourvoyeurs d’obésité et de cancers restent applicables à chacun, il apparait que des différences importantes peuvent exister en matière de métabolisme des nutriments. Ces différences peuvent s’expliquer par des différences génétiques, par des différence de types corporels, de flores intestinales ou d’exposition à des composés chimiques (bisphénol). A tel point que selon Eran Elina du Weizmann Institute of Science (Rehovot, Israel) les mêmes conseils diététiques ne peuvent plus être  appliquer à tout le monde, parce que nous sommes tous différents. C’est en partie “ce qui explique pourquoi nous avons misérablement échoué à controller l’épidémie d’obésité” ajoute t-elle dans une interview au New York Times, un corollaire aux nombreux échecs répétés des différents régimes chez de nombreuses personnes.

Un nouveau type de conseil diététique va donc émerger, prenant en compte chaque particularité de chaque individu, un élément majeur d’une prise en charge diététique comme l’à montré le Dr Elinay dans sa dernière étude publiée dans la revue scientifique Cell.

Au cours de cette étude 800 personnes ont été nourris avec la même alimentation, au même moment. Mais les 800 sujets n’ont pas du tout métabolisé les sucres (par exemple une glace accompagnée de chocolat) de la même manière, certains ayant une augmentation importante de leur glycémie sanguine après ingestion alors que d’autres n’ont qu’une augmentation modeste.

Des différences importantes ont été retrouvées également à la consommation de poisson et de riz (Sushi), remettant en question les éléments classiques et toujours très utilisés de caractérisation des aliments par un index glycérique ou une quantité de calories. Il semble donc effectivement que la capacité inter-individuelle d’extraire de l’énergie des aliments diffère d’un individu à l’autre. Comment prendre en compte cette différence?

L’équipe du Weizmann Institute of Science  a étudié la flore intestinale de tous les participants et constaté de grandes variations du nombre et des types de colonies bactériennes présentes dans leurs intestins. Ces différences ont été corrélées aux résultats obtenus en matière de glycémiepost-prandiale lors de la métabolisation d’un apport en sucres (glace et chocolat). La prise de médicaments, l’historique familial et le mode de  vie alimentaire étaient également pris en considération. Cela a permis à l’équipe de construire un algorithme qui peut prédire la réponse glycémique d’un individu en fonction de plusieurs données individuelles. Pour confirmer ce résultat ils ont recruté plusieurs personnes prédiabétqiues qui ont reçu les conseils alimentaires donnés à l’aide du nouvel algorithme ou des conseils alimentaires actuels. Le régime individuel offert par l’algorithme a été bien plus efficace pour abaisser leur glycémie mais aussi pour modifier positivement leur flore bactérienne.

Plusieurs société (Vitagene, Nutrigenomix, DNAFit) se sont déjà lancées dans le conseil diététique personnalisé, mais essentiellement basée sur une analyse génétique qui est pourtant encore balbutiante sachant qu’au moins 38 gènes ont été identifiés comme ayant une influence sur le métabolisme des aliments. En fonction de votre analyse génétique, des complémente en folate, en choline, en vitamin C,  en acides gars, en fibres ou en caféine peuvent être recommandés. En Europe, une étude appelée Food4Me  a été lancée et 1500 personnes de 7 pays européens ont bénéficié de recommandations alimentaire personnalisées suivant leur profil génétique ou ont suivi les recommandations habituelles, manger plus de fruits, plus de légumes, moins de sucres, moins de graisses, etc. Si les résultats semblent en faveur de l’approche génétique leurs publication reste attendue.

Scources

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