Quelle nourriture est un engrais pour les cellules adipeuses?

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David Ludwig est professeur de nutrition à L’école de santé publique de Harvard T.H. Chan et publie un nouveau livre « Toujours affamé ?» (Always Hungry?). Cet article est adapté de l’interview qu’il a donné à Anahad O’Connor du New York Times.

Selon David Ludwig, la prise de poids commence quand nous ingérons le mauvais type de nourriture qui modifie nos hormones et déclenche un cycle de faim, que l’on aura tendance à combler par ce même mauvais type de nourriture,perpétuant le cercle vicieux de la prise de poids . Et contrairement à ce que beaucoup pensent, cela peut survenir sans faire d’excès calorique. Cette nourriture délétère est celle dite à index glycémique élevée, le sucre, les céréales raffinées/sucrées du petit déjeuner, les sodas, les barres dites de céréales ou de chocolat (Mars, Twix, etc) et tous les nourritures contenant des glucides transformées.

Le message de fond du Professeur David Ludwig confirme que l’épidémie d’obésité est directement lié aux nourritures industrielles transformées et riches en sucre, omniprésentes dans nos société. Selon lui, ce n’est pas de manger trop qui fait grossir, c’est de grossir qui pousse ensuite à trop manger. Un siècle de littérature scientifique confirme ces points. Et si alors vous abaissez le nombre de calories ingérées, ce que tout le monde recommande aujourd’hui (régime hypocalorique), les chose vont empirer car votre corps va avoir faim et va réduire son métabolisme dans un effort de conservation de l’énergie. C’est ce qui fera que toute tentative de perte de poids sera de plus en plus complexe avec une alimentation standard réduite en calorie. C’est le début d’une bataille perdue d’avance, ou presque entre le cerveau et le métabolisme.

Car chez une personne obèse, le métabolisme sous-jacent n’est pas un métabolisme d’excès, mais plutôt un métabolisme de famine. En effet si les cellules graisseuses stockent et stockent encore des calories sous forme de graisses, en revanche les centres régulateurs du cerveau n’en voient pas la couleur et le cerveau n’en a pas suffisamment pour assurer un fonctionnement correct. C’est pourquoi le cerveau déclenche une sensation de faim. Nous mangeons alors sans attendre pour calmer cette sensation, ce qui apporte un soulagement rapide mais de courte durée. Car les cellules graisseuse continuent de sur-stocker, et nous voici englués dans ce fameux cercle vicieux de la prise de poids. Le problème c’est qu’il y a trop de calories dans les cellules graisseuses et pas assez en circulation dans le sang ; par conséquent réduire les apports en calories ne va pas aider du tout.

La simple idée que l’obésité et son traitement se résume à un nombre de calories ingérées et/ dépensées est donc totalement faux (c’est d’ailleurs un industriel américain des sodas qui a dépensé des millions de dollars et subventionné des dizaines de scientifiques pour faire entrer cette idée dans la tête des gens, largement reprise et diffusée par des milliers d’articles de presse).

La cause de l’obésité est une nourriture de plus en plus abondante, mais de faible teneur en graisse et de forte teneur en sucres, consommées de plus en plus couramment depuis 40 ans. Cette richesse en sucres favorise des taux d’insuline élevés et crée un pic insulinique qui pousse les cellules graisseuses à stocker rapidement ce sucre circulant sous forme de graisse, déplétant rapidement l’énergie disponible dans la circulation sanguine. L’insuline est véritablement l’engrais à cellules graisseuses.

Quand un patient souffre d’un diabète de type 1, le plus souvent un enfant ou un adolescent, sa glycémie sanguine est très élevée et il est le plus souvent amaigri car il ne peut plus sécréter d’insuline. Et il pourrait doubler ses apports nutritionnels quotidien, qu’il ne prendrait jamais de poids. Vous ne pouvez pas prendre du poids sans insuline. Mais l’inverse est également vrai. Lorsque vous traitez un patient diabétique de type 1 ou de type 2 par de l’insuline injectable vous allez les faire grossir

Alors,  pour réduire l’utilisation physiologique ou médicamenteuse de l’insuline, il n’y a qu’un moyen, réduire les apports sucrés, réduire les glucides transformés pour obtenir une alimentation équilibrée apportant suffisamment de graisses et de protéines. Cela abaisse l’insuline, réduit la surcharge énergétique des cellules graisseuses et permet au métabolisme de sortir de son cercle vicieux de faim et de suralimentation. Mais attention, ce n’est pas le régime Atkins.

Le régime Atkins est un régime très faible en apports glucidiques, qui, dans sa forme classique signifie que vous ne pouvez pas manger de fruits ni aucun autre glucide. Beaucoup de gens ne nécessitent pas un régime aussi strict  avec une très faible quantité d’apport en glucides. Ce qu’il faut éliminer ce sont encore une fois les nutriments à index glycémique élevé, riche en sucres transformés, (bref tout ce que vous voyez dans les publicités, NDLR)

Ce que recommande le Pr David Ludwig en terme d’alimentation se met en place en trois temps ; d’abord abandonner les glucides transformés, les sucres ajoutés et les produits céréaliers. Les glucides que vous consommez proviennent des légumes non féculents (il en existe une quarantaine), des fruits et des haricots. Après quelques semaines, on réintroduit les céréales entières, non transformées industriellement, et des pommes de terres sauf la pomme de terre blanche, ainsi qu’un peu de sucres ajoutés. Cela est maintenu plusieurs mois, jusqu’à ce que soit retrouvé le poids ideal.

Notre pire ennemi n’était donc pas la graisse mais le sucre….

Source

adapted from

Rethinking Weight Loss and the Reasons We’re ‘Always Hungry’
ANAHAD O’CONNOR
New York Times published JANUARY 7, 2016 5:45 AM

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