Les femmes le préfèrent rasé

  hyg

Une étude américaine évaluant la prévalence du rasage pubien confirme l’étendue de cette pratique chez les femmes.

Depuis 5 années plusieurs études étaient venues confirmer que de plus en plus de femmes sacrifiaient leurs poils pubiens. Cette pratique semblait plus fréquente chez les femmes jeunes ; les facteurs associés avec ce rasage pubien étaient l’ethnie, le fait d’entre en couple non marié, et la recherche d’une plus grande satisfaction sexuelle. Si le bénéfice de ce rasage a été la presque disparition du pou suceur du pubis, communément appelé morpion, les risque du rasoir en particulier chez les femmes obèses ont fait l’objet de quelques publications : irritations, lacérations, abcès, folliculites, ne sont pas rares. Une étude notaient que 3% des consultations aux urgences pour traumatisme génital avaient pour cause initiale un rasage pubien.  Certains gynécologues estiment également que la mode actuelle de la chirurgie esthétique du pubis relèverait, comme le rasage, d’une motivation plus esthétique que fonctionnelle. Une véritable étude était donc nécessaire afin de dresser un tableau concret des femmes ayant recours au rasage pubien et de leurs motivations. L’étude est publiée dans la revue JAMA dermatology.

Les dermatologues ont interrogé 3316 femmes de 18 à 65 ans quant-à leurs relations avec leur poils pubiens. 84% rapportent raser leurs poils pubiens : la fréquence de ce rasage est mensuelle pour la majorité et quotidien pour 5% d’entre elles. La géographie du rasage est diverse : au dessus et autour du vagin pour 74% d’entre elles, mais le rasage peut s’étendre autour de l’anus (22%) et jusqu’aux fesses (7%). Pour 62% le rasage doit être total. 93% le font seules.

La motivation principale (59%) est l’hygiène, ce rasage faisant pour 45% partie d’une routine. 31% estiment cependant que ce rasage rend leur sexe plus attractif et 21% le font pour faire plaisir à leur partenaire. Quand on leur demande pour quelles situations elles se rasent, 56% rapporte le sexe comme raison principale , mais aussi les vacances (45%) et une visite chez le médecin (40%), aucun lien entre ces différentes causes n’est suggérée ni par le questionnaire ni par les auteurs.

Les femmes se rasant le pubis étaient plus souvent, jeunes (18-34 ans),  d’un niveau éducatif élevé et cette pratique est retrouvée plus souvent chez les femmes blanches qu’au sein des autres ethnies. Les femmes veuves, célibataires, ou divorcées avaient moins tendance à cette pratique, bien que le nombre de partenaires sexuels récents rapporté ne soit pas retrouvé comme un facteur influençant. Cependant les femmes qui se rasent le pubis ont eu au cours de leur vie deux fois plus de partenaires sexuels que celles ne se rasant pas le pubis, 9 versus 4.4, et avaient également plus de rapports sexuels. Les femmes dont le partenaire rase ses poils pubiens ont plus tendance à se raser, comme celles dont cela constitue une requête du partenaire.  Les relations sexuelles apparaissent donc comme un facteur prédictif important du rasage pubien chez les femmes. Cela est peut-être moins vrai pour le rasage anal puisque s’il est pratiqué par 22% des femmes interrogées, seules 10% avaient eu un rapport sexuel anal au cours de l’année.  Cette étude ne peut pas être généralisée à l’ensemble des populations estiment finalement les auteurs. A quand une véritable étude sur le rasage pubien en France?

Source

Pubic Hair Grooming Prevalence and Motivation Among Women in the United States
Tami S. Rowen, MD, MS; Thomas W. Gaither, BS; Mohannad A. Awad, MD; E. Charles Osterberg, MD; Alan W. Shindel, MD, MAS; Benjamin N. Breyer, MD, MAS
JAMA Dermatol. Published online June 29, 2016

Crédit Photo WikipediaGustave Courbet l’Origine du Monde

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *