Dis Papa, pourquoi ils sont morts tous ces gens?

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Pourquoi faisons nous la guerre? Pourquoi sommes-nous en guerre? Pourquoi des français, des simples citoyens, des travailleurs en CDI ou non, des étrangers venus visiter notre pays meurent? Vous savez vous?

Dans un article de 2015, publié dans l’Express et intitulé, «Pourquoi la France est-elle la cible privilégiée des djiadistes”, le journal estime que «L’engagement militaire de la France contre Daech en Irak et en Syrie est l’une des raisons principales pour laquelle la France est une cible prioritaire. Après les premiers raids aériens menés par l’aviation française, le groupe terroriste a appelé à de nombreuses reprises à “tuer les Français (…) partout et n’importe comment”.

Mais au fait pourquoi la France fait-elle la guerre à Daesh? Autrement dit quelle justification peut-on avancer aux familles des 250 français et étrangers décédés dans les attentats, comme aux familles de ceux qui en sont ressortis vivants mais traumatisés? Mais surtout après 250 morts et des milliers de familles française blessées en leur coeur, comment nos responsables politiques peuvent justifier un engagement au nom de la liberté des peuples, le même type d’argument qu’avait utilisé notre précédent président pour justifier l’attaque brutale d’un pays souverain, la Libye, avec les conséquences que l’on connait aujourd’hui.

En 2011, Nicolas Sarkozy pour des raisons que les Français n’ont probablement pas tous compris (lire le livre de Catherine Graciel Sarkozy-Kadhafi histoire d’une trahison secrete, edition Points essais ou cet article de Rue89, Sarkozy, BHL, Clinton et l’or de Kadhafi) déclenche seul une offensive contre le Général Kadhafi. Quatre jours après la fin du dictateur, la loi islamique, la sharia, est promulgée dans le pays et marque le retour de toutes les tensions, de tous les intérêts et de tous les antagonismes, avec la situation que l’on connait aujourd’hui.

Deux années plus tard, en 2013, c’est au tour de François Hollande de débuter une guerre : La France déclenche des opérations militaires au Mali, l’opération Cerval, avec pour justification, celle-ci avancée par Jean-Marc Ayrault alors premier ministre ; « La France veut contribuer ainsi a stopper la menace terroriste qui menace non seulement le Mali et l’Afrique mais qui menace aussi la France et l’Europe » . François Hollande précise « Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu’il s’agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d’une population, celle du Mali qui veut vivre libre dans la démocratie». La France est seule dans ce combat. aucun pays Européen ne la rejoindra (17 militaires français sont tombés au Mali).

Il s’agissait pour l’armée française de partir au Mali combattre des troupes issus de tribus islamistes, touaregs, MUJAO et AQMI, qu’elle avait elle-même en partie financé et armé pour combattre Kadhafi. Dans ce même temps, la France commence à financer des groupes islamistes opposés à Bachar el Asad en Syrie.

Au Mali, Le MUJAO menaçait déjà la France de représailles «La France a attaqué l’islam (…), Au nom d’Allah, nous allons frapper le coeur de la France» (Abou Dardar, MUJAO au nord du Mali). François Hollande décidait alors de renforcer le plan vigipirate dont on a vu, renforcements après renforcements, l’efficacité.

A ce moment, les français n’imaginent pas encore les conséquences de l’aventure de notre gouvernement, les français n’imaginent pas encore ce que cette politique aventureuse, décidée en dehors de ses «intérêts fondamentaux », allait provoquer.

En Irak, le gouvernement de Bagdad sollicite l’aide de la communauté internationale pour lutter contre l’avancée des djihadistes sur son territoire. Le gouvernement de Haïder al-Abadi est considéré comme le représentant légitime des Irakiens en lutte contre l’invasion d’un groupe terroriste.

Le 19 septembre 2014, la France, encore seul pays européen, débute l’opération Chammal : selon le dossier de presse de la défense française, «Chammal est une opération conduite par les armées françaises en coordination avec nos alliés présents dans la région, pour assurer un soutien aérien aux forces armées irakiennes dans leur lutte contre le groupe terroriste autoproclamé Daech. (…) Ces actions sont réalisées à la demande du gouvernement de l’Irak et dans le cadre des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier sa Résolution 2170 du 15 août dernier ». Les premières frappes aériennes auront lieu le 19 septembre 2014.

Le 07 janvier 2015 les frères Kouachi pénètrent dans les locaux du journal Charlie Hebdo et y assassinent onze personnes. Amedy Coulibaly, qui se réclame de l’État islamique, commet la prise d’otages dans le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes  faisant 17 morts.

En avril 2015, Sid Ahmed Ghlam tue Aurélie Châtelain à Villejuif.

Le 12 juin 2015, la France a frappé 150 fois en Syrie.

Le 26 juin, Yassin Salhi étrangle et décapite son patron, puis tente de faire exploser une usine à Saint-Quentin-Fallavier.

Le 21 août, un attentat dans un train Thalys est déjoué uniquement grâce à l’intervention des voyageurs. À la suite de l’attentat déjoué, François Hollande déclare : « Nous devons nous préparer à d’autres assauts et donc nous protéger »

Pour intervenir également en Syrie, il est nécessaire d’obtenir un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, ce que la Russie a toujours refusé depuis 2011. Les Etats-Unis et leurs alliés inscrivent donc leur opération en Syrie dans la continuité des frappes menées en Irak, une justification juridique fragile. Il restait une ouverture juridique, la légitime défense. Le 07 septembre, Francois hollande annonce que l’opération Chamal s’étend dorénavant a la Syrie puis le dimanche 27 septembre que l’armée française a effectué ses premieres frappes en Syrie contre l’Etat islamique : « La frappe s’est produite sur le camp dans une localité proche de Deir ez Zor, à l’est de la Syrie. Cette opération s’est inscrite dans le cadre de la décision que j’avais prise le 7 septembre d’envoyer des vols de reconnaissance, pour identifier des cibles qui pouvaient correspondre justement à ce que nous voulions marquer comme intention : protéger notre territoire, prévenir des actions terroristes, agir en légitime défense »

« D’autres frappes pourront avoir lieu dans les prochaines semaines si nécessaire, avec toujours le même objectif : identifier les cibles qui correspondent à des camps d’entraînement ou à des lieux où nous savons que le groupe terroriste Daech peut menacer la sécurité de notre pays ou mener des actions terroristes ».

Nous devons donc, durant toute cette période, mener à bien cette recherche d’une solution politique tout en protégeant nos intérêts, par des actions militaires ciblées qui doivent à chaque fois nous permettre de prévenir un certain nombre d’actes qui pourraient être commis dans notre pays ou d’actions qui pourraient avoir comme conséquence de mettre des coups terribles à la population civile ».

Le 13 novembre, l’état Islamique frappe à son tour la France au cours d’une série d’attentats qui fait 130 morts et 351 blessés. L’état d’urgence est déclaré; «C’est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech », déclare le Président de la République.

Les frappes se poursuivent en Syrie. Les vacances arrivent, la France oublie.

Le 14 juillet 2016 Francois Hollande guilleret intervient lors du classique interview télévisé « LE PRESIDENT : Qu’est-ce que je me suis dit en arrivant ici ? D’abord que le défilé auquel j’ai assisté était magnifique. Pourquoi l’était-il ? Pas simplement sur le plan esthétique, parce qu’ont défilé des hommes et des femmes, militaires, policiers, pompiers, douaniers, de l’Administration pénitentiaire, qui ont défendu, qui défendent notre pays, et nous protègent. »

Puis il annonce la fin de l’état d’urgence pour le 26 juillet et ajoute « Cet état d’urgence, j’ai considéré qu’il fallait le prolonger jusqu’au moment où nous puissions être sûrs que la loi pouvait nous donner des moyens nous permettant de prévenir la menace terroriste avec efficacité. (…) Je veux donc dire très clairement aux Français que l’on ne peut pas prolonger l’état d’urgence éternellement ! Cela n’aurait aucun sens ! Cela voudrait dire que nous ne serions plus une République avec un droit qui pourrait s’appliquer en toutes circonstances. L’état d’urgence, cela fait partie des situations exceptionnelles ». Il annonce cependant une poursuite des frappes aériennes en Syrie « Donc il nous faut faire preuve, à la fois, d’une très grande fermeté par rapport aux actions que nous conduisons en Irak et en Syrie, et j’ai annoncé que nous allions renforcer l’appui que nous apportons aux Irakiens pour la prise de Mossoul. (…).Parce que je considère que nous devons frapper, et frapper fort, au moment où Daech, le groupe de l’Etat islamique, commence à fléchir et à se retirer. »

Il se félicite ensuite de la sécurité pendant l’EURO « Nous n’avons pas parlé de l’Euro mais cela a été une réussite en termes de sécurité, en termes d’organisation. Tous ceux qui nous avaient dit « il ne faut pas faire les Fan Zone », il y en avait même qui nous disaient qu’il ne fallait même pas faire l’Euro ; comme ils nous disaient d’annuler la COP21 au mois de décembre parce qu’il y avait eu les attentats au mois de novembre. Cela n’aurait pas été la France ! La France n’aurait pas été à la hauteur ! Vous voyez le Président de la République française en train de dire « J’annule la COP21 », il n’y aurait pas eu l’accord. Et « j’annule les Fan zones, et j’annule l’Euro 2016 », quel que soit le parcours de l’Équipe de France que je ne pouvais pas connaître ! Cela n’avait pas de sens. ».

Au journaliste qui lui demande quel conseil il donnerait au prochain président de la république, il conclura par ces mots « Si l’on n’est pas préparé à la fois à la gravité, à la responsabilité, alors, on n’est pas à la hauteur du grand pays qu’est la France ! »

Malheureusement, le soir de cet entretien, un camion blanc fendait en deux la foule à Nice.

Est-ce que les frappes Françaises en Libye, au Mali, en Irak et Syrie font de la France un grand pays? Est-ce que les Français veulent la poursuite de cette guerre et de ses répercutions? Il y a peut-être des familles française qui préféreraient notre pays plus petits et que ces rêves de grandeur de nos dirigeants politiques sans aucun « intérêt fondamental» pour notre pays s’arrêtent, ou alors qu’ils en portent eux-mêmes les funestes conséquences.

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