Coronavirus/Grippe? Et si, parce que l’on nous dit de ne pas faire la comparaison, on le faisait quand même?

Le Coronavirus Covid-19 arrive alors que la saison grippale n’est pas encore achevée. Mais qui s’est soucié de la grippe? Pourtant ce fléau classique, porté par différents virus influenza se répète chaque année. Il parcours le monde, au départ de la Chine, et diffuse dans nombre de pays, appelant chaque année son lot de victimes, environ 290.000 à 650.000 décès par an dans le monde lui seraient imputables selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Les Etats-Unis, un pays de 327 millions d’habitants partage des données régulières et très détaillées sur la grippe. Les dernières ont été publiées par le Center for Disease Control en mars 2020. Depuis septembre 2019, 948.064 Américains ont eu un test à la recherche des virus de la grippe, 190.362 (20.1%) étaient positifs, 47% au virus influenza A, 52,5% au virus influenza B. Les laboratoires publics Américains sont utilisés pour mieux caractériser ces virus. Saviez-vous que parmi les virus les plus souvent identifiés on retrouve un virus influenza A H1N1 (pdm09), oui le fameux H1N1….Visiblement, il n’intéresse plus grand monde, et pour le B il s’agit d’un Victoria dans 98% des cas. Vous pourriez apprendre que le virus B s’est différencié en 1970 en deux types; le Victoria et le Yamata…mais là encore, qui écrirait un article sur le sujet?

Plus intéressant, toujours aux Etats-Unis, les virus de la grippe, cette année, ont entrainé 52 hospitalisations pour 100.000 habitants (soit environ 170.000 hospitalisations), ce taux n’est qu’une moyenne. Une analyse plus fine révèle que les virus de la grippe entrainent une hospitalisation chez  80/100.000 des 0-4 ans, qu’ils épargnent relativement les 5-17 ans (20/100.000), et les jeunes adultes de 18-49 ans (27/100.000) mais deviennent plus virulent chez les 50-64 ans (69/100.000), pour finir très fort chez les plus de 65 ans, avec un taux d’hospitalisation de 130/100.000. 

Etats-Unis-Taux d’hospitalisation liés a la grippe (Données CDC)

La saison grippale 2019-2020 n’est pas achevée, le bilan n’est donc pas définitif mais atteint déjà 3.482 décès. Mais pour l’année précédente, 2018–2019, Le Center for Disease Control estimait que les virus influenza avaient causé 35.5 million de pathologies, généré 16.5 million de visites médicales, 490.600 hospitalisations, et causé 34,200 morts.

Cartographie de l’activité grippale aux Etats-Unis, semaine du 22 février 2020

En France (67 millions d’habitants), il est estimé que 8100 personnes sont décédés à cause de la grippe lors de la saison dernière 2018-2019. Une étude évaluant les épidémies grippales en France de 1984 à 2017, démontre qu’annuellement, la grippe infecte 4.1% de la population Française, une moyenne de 2.4 million de personne par an. La moyenne d’âge des malades est de 29 ans. Le groupe d’âge le plus touché par le virus étaient les enfants de 5-14 ans.

En Angleterre, le nombre de décès est estimé également à 8.000 par an en moyenne (Public Health England, 2014).

En Italie, 61 millions d’habitants, les chiffres sont relativement différents. Une étude menée sur 4 années de 2013 à 2017 retrouve un excès de mortalité lié aux grippes respectivement de 7.027, 20.259, 15.801 et 24.981 décès. Les auteurs estiment que ce chiffre élevé est lié à une population vieillissante plus importante en Italie. La pyramide des âges est effectivement une donnée importante à considérer. Les variations de température, en particulier un froid plus important est un facteur aggravant, ainsi que le type de virus circulants et le taux de vaccination, la mortalité étant plus élevée chez les non-vaccinés. Pour la saison actuelle, 3 millions d’italiers ont recu un diagnostic d’infection par un virus influenza, 2036 par le coronavirus.

Globalement les données Européennes pour la saison de grippes 2017-2018 évaluent l’excès de mortalité à 152 000 décès, soit un taux de mortalité de 25/100.000, mais qui atteignait 118/100.000 chez les plus de 65 ans , un chiffre proche de celui des Etats-Unis.

En Iran, 81 million d’habitants, les données publiées sont plus parcellaires. Une étude évaluant le nombre de décès liés a la fameuse grippe H1N1 de 2009, identifie 3672 cas dans le pays et 140 décès. On peut imaginer une sous-déclaration? En décembre 2019, le ministre de la santé Iranienne Alireza Reisi reconnaissait 54 décès liés a la grippe. Peut-être faut-il ne pas se fier aux chiffres de la santé publique Iranienne?

En Chine, 1,4 milliard d’habitants, une étude analysant la mortalité lié aux virus influenza de 2010 à 2015 retrouvait un taux de mortalité de 0.4%. L’évaluation englobait 83% de la population du pays. L’excès de mortalité était de 88.100 décès par an dont 80% chez les plus de 60 ans. 

En Corée, un pays de 51 millions d’habitants, une étude a analysé la mortalité liée aux virus influenza de 2009 à 2016. Sur 1.8 million de décès sur cette période (il est bien sûr important d’évaluer la mortalité totale au sein d’une population), 77.850 décès étaient attribués à la grippe, soit une moyenne annuelle de 11.121 décès par an. Les plus âgés étaient ici aussi les plus touchés, les plus de 65 ans représentant 92% des décès.

Il est également important de savoir que les pays ne sont pas tous touchés par la même grippe (carte ci-dessus), les souches principales pouvant varier d’un pays à l’autre comme le rappelle l’European Center for Disease Prevention and Control.

Répartition géographique européenne des types de virus influenza dominants

Donc globalement, des millions de personnes sont infectés par la grippe chaque année et des centaines de milliers de personnes décèdent à cause de ces infections par virus influenza. Le taux de mortalité des différentes grippes est en moyenne de 0.5%. Les plus âgés sont les plus touchés mais les enfants particulièrement les moins de 5 ans, asthmatiques, sont plus à risque (la pollution atmosphérique est évidemment un facteur aggravant). Il existe une vaccination possible dont l’efficacité peut varier en fonction des souches de l’année mais qui réduit la mortalité chez les plus âgés.

Et malgré cela, personne ne s’intéresse vraiment à la grippe. Est-on fatalistes? Blasés? Désintéressés de l’avenir des plus âgés? 

Le coronavirus a, à son actif, 3125 décès confirmés en 3 mois, soit 1041 décès par mois en moyenne (décembre 2019-février 2020). Un peu plus de 90.000 diagnostics positifs ont été portés, mais il apparait très probable que des milliers d’autres personnes ont été contaminés (lien de suivi des mises à jours). Les plus récentes données publiées analysent par exemple que le coronavirus circule depuis des semaines dans le nord de l’Italie et à Washington, ou plusieurs décès ont été enregistrés, comme probablement dans beaucoup d’autres endroits du monde. 

Une récente étude chinoise, le pays qui a recensé 2.944 décès liés au coronavirus, soit 94% des décès mondiaux, évaluait le taux de mortalité dudit virus à 1.4% chez des patients hospitalisés, et pour les cas sévères, dans cette étude, l’âge moyen était de 63 ans.

Alors, grippe ou coronavirus, lequel apparait le moins plaisant? A ce rythme, et en se basant sur une estimation modeste de la mortalité mondiale liée aux influenza virus de 290.000 décès annuels, il faudra au coronavirus Covid-19, 278 mois d’activité pour l’égaler, soit 23 ans. Vingt trois ans sans pollution, sans avion, sans Octoberfest ni Foire du livre, le protocole de Paris a trouvé son vainqueur. Greta, ils t’ont enfin écouté, mais ils n’osent pas encore le dire!

Sources : liens hypertextes

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